III-DEPISTAGE
/ PREVENTION
a-Importance d'un diagnostic postnatal
Les spécialistes recommandent aux parents d'effectuer un examen ophtalmologique avant le quatrième anniversaire de leur enfant et ceci en raison de la fréquence du strabisme (4% des enfants jusqu'à l'âge de 5ans) et de la rapidité de son évolution. En effet, le renforcement des muscles oculomoteurs va entraîner des complications croissantes avec l'âge. Un dépistage précoce est bien sûr conseillé ( consultation auprès du médecin de famille au moindre signe de déviation oculaire ).
Si certains strabismes sont faciles à identifier, d'autres sont intermittents ou latents. Ils nécessiteront une mise en évidence auprès d'un ophtalmologiste. De même, si la famille connaît des cas d'amblyopie ou de strabisme, les parents devront se pencher davantage sur les yeux de leur enfant. En outre, les yeux des enfants ont souvent l'air d'être "malades". Les jeunes enfants ont souvent un nez prohiminant et un plissement de peau au niveau de la paupière, ce qui peut entrainer cette impression de défaut. Cette apparence de strabisme peut s'accentuer avec l'âge de l'enfant sans que cela n'aboutisses à un vrai strabisme. Un ophtalmologiste sera, en cas de doute, capable de discerner un strabisme vrai d'un faux strabisme.
b-Quand appeler votre médecin?
Appeler votre médecin au moindre signe de mauvais alignement des yeux de votre enfant. Cette détection n'est pas simple car les yeux d'un enfant se coordinent lorsque les muscles se forgent, mais il peut se diagnostiquer par un médecin quelques mois après la naissance. Les bébés peuvent passer des examens ophtalmologiques à partir de l'âge de 6 mois, ou plus tôt si un problème est suspecté. Il observera les comportements suivants :
Les ophtalmologistes sont en mesure de faire la différence entre un faux et un vrai strabisme en effectuant une série de tests spécifiques sur l'enfant concerné. Ce sont des tests simples, rapides et efficaces.
Le test
de la lampe de poche (Hisrshberg)
L'enfant est assis sur les genoux de sa mère et l'on éclaire ses
yeux à l'aide d'une lampe de poche placée à 80cm. Normalement, le reflet de
la lumière se situe très légèrement en dedans du centre de la
cornée et est symétrique lorsque l'enfant fixe la lumière. En cas de strabisme,
le reflet sur l'oeil dévié sera déplacé. C'est le test le plus simple mais il
dépiste trop de suspects.
Le test
de Sarniguet-Badoche
Pour ce test on utilise des verres opaques ou obturés dans le champ de
vision nasal. L'enfant regarde droit devant lui et la limite de l'opacité déborde
sur la pupille de chaque côté chez l'enfant normal. Pour un enfant strabique,
l'opacité déborde sur la pupille (strabisme convergent) ou ne l'atteint pas
(strabisme divergent). La dimension des lunettes varie avec l'âge de l'enfant
mais chez certains il est difficile de placer des lunettes et de lui demander
de fixer un objet.
Le test
de l'écran
Pour ce test l'enfant doit fixer un objet lumineux situé à un mètre.
L'ophtalmologiste cache un des yeux de l'enfant au moyen d'un écran (carte,
cuillère en bois, etc...) ou plus simplement chez les jeunes enfants, avec le
pouce de la main fixé sur le crâne. L'écran est alternativement placé d'un côté
et de l'autre et on note à ce moment là :
Le test de transillumination de Bruckner
Ce test consiste à observer à un mètre de distance l'aspect de la lueur pupillaire dont la teinte varie suivant la position du fond d'oeil qui reçoit le faisceau lumineux. En temps normal le faisceau lumineux tombe sur la macula et donne une lueur gris-rose soutenue. S'il s'agit de la pupille, la teinte est rose clair et si le faisceau tombe sur la rétine, la pupille s'éclaire d'orange ou de rose. Cette technique permet également de mettre en évidence certaines lésions organiques (opacité du cristallin, hémorragie, décollement rétinien, tumeur, atrophie optique ou choroïdienne).
Le rétablissement de la vision binoculaire est entrepris par la pose de prismes de correction pour lesquels beaucoup de progrès ont été réalisés. Pour l'esthétisme de l'œil, le traitement chirurgical apparaît actuellement comme un traitement complémentaire et terminal. Il faut en effet continuer à surveiller l'enfant pour éviter les rechutes ou les récidives, pour éviter une correction imparfaite qui maintiendrait une déviation légère ou au contraire pour éviter une surcorrection. Entrepris tôt, le traitement permet une guérison complète. C'est souligner l'importance de bien expliquer la maladie aux parents afin d'obtenir leur complète collaboration.
Quelques détails pratiques sont intéressants à connaître comme par exemple la possibilité de porter des lunettes à partir de l'âge de 7 mois aux seules conditions que les verres soient en matière organique incassable, que les montures prennent bien appui sur la base du nez et soient suffisamment importantes pour que l'enfant ne puisse tricher et regarder au-dessus des lunettes.
Le port des lunettes doit être constant, du levé au couché. Si l'enfant très jeune ( nourrisson ), on ne peut utiliser que des lentilles molles (hydrophiles à 38%) qui doivent être retirées et stérilisées tous les soirs.